
Le cinéma français (hormis des exceptions comme Xavier Giannoli, par exemple, notamment avec « Marguerite » dont je reparlerai très vite) a des faiblesses scénaristiques de plus en plus voyantes à présent qu’on a accès au cinéma du monde entier.
Ici, ce n’est pas le seul défaut qu’après un tiers du film de mise en place de la situation et des personnages, on passe tout le reste du film avec deux actrices en tête a tête et parfois Noémie Lvovsky, incontournable second rôle du cinéma français.
Le sujet est double, voire triple, riche au départ, la rencontre amoureuse d’une fille de la campagne montée à Paris avec une militante féministe, confrontation d’état d’esprit potentialisée par la perception de l’homosexualité, tabou à la campagne, indifférente à la ville. Enfin, l’hommage aux mouvements féministes de l’époque.
Toute la partie campagne est crédible, en revanche, non seulement le mouvement féministe du Paris de 1971 est caricaturé, quasiment folklorique, mais un des deux personnages principaux, Carole, est interprété par Cécile de France qui n’a pas l’âge du rôle (le groupe des féministes est composé de femmes jeunes) et dont on sait peu de choses hormis qu’elle vit avec un homme et qu’elle est censée être prof d’espagnol (une phrase), contrairement à Delphine, bourreau de travail à la campagne avec une Izia Higelin convaincante, très physique, exécutant les gestes quotidiens de la ferme.
Quant à la reconstitution des années 70, je lisais dans le DP que la réalisatrice n’avait pas souhaité être au plus près d’un film d’époque et c’est bien dommage. La coiffure seule de Cécile de France est absolument improbable en 1971, on dirait Madonna ou Dalida… A l’époque, personne ne se teignait les cheveux et encore moins ne les sophistiquait de boucles ou brushing laqué genre fin des eighties, la plupart avait des cheveux longs et plats, pas coiffés, avec une raie au milieu. De surcroît, le fantasme des poils, qu’on était censé de ne pas s’épiler jambes et aisselles en 1971, est inexact, c’était certes moins radical qu’aujourd’hui mais les instituts de beauté de l’époque épilaient les mollets et « le maillot » à la cire chaude bouillante a la chaîne…
(2,5 / 5)