
Septième film d’un cinéaste qui évoluera entre la Chine continentale, Taiwan et Hong Kong, et dont la carrière s’étendra de 1964 à 1993, « A touch of zen » est généralement présenté comme le chef d’œuvre de King Hu qu’il réalise en 1971. Ce dernier s’est taillé une réputation exemplaire parmi les productions type kung fu, avec une forte part de combats sans négliger d’autres aspects plus spirituels, voire philosophiques. Pour être précis, ici, il s’agit, en fait, du genre « wuxia », films de sabre, différents du kung-fu, combat à mains nues.
Trois heures de film, l’histoire construite en trois chapitres relativement bien séparés, débutant avec une longue présentation des protagonistes et des relations qui les lient, puis, une seconde partie aventureuse peuplée de multiples combats (comme on les espère de films de ce genre), et une troisième partie à nettement plus lente et surtout plus ésotérique faisant la part belle à des thèmes plus spirituels.
Outre ce découpage très marqué, l’histoire conte la rencontre d’un vieux garçon, vivant avec sa mère, peintre de village et écrivain public, avec une jeune fille venue s’installer près de chez eux dans une bâtisse faisant partie d’un vieux fort abandonné et supposé hanté. La mère voulant marier son fils, y voit alors une occasion inespérée. Mais les choses sont plus compliquées car cette rencontre met en scène une foule de personnages, d’une part, deux hommes veillant discrètement sur la jeune fille, d’autre part, un étranger à la poursuite de cette dernière s’avérant être la fille d’un dignitaire tombé en disgrâce et supplicié (le pouvoir cherche à la tuer mais des amis de feu son père tentent de la protéger). Le peintre se prend d’affection pour la jeune fille et se joint alors à la petite troupe qui va prendre la fuite devant les poursuivants.
La suite de l’histoire est quelque peu confuse mais narre longuement cette fuite au cours de laquelle les talents combattants de la jeune fille et de ses deux gardes, puis l’apprentissage jusqu’à l’expertise du peintre dans le maniement du sabre, se développent largement ; tout cela conduisant les protagonistes à proximité d’un monastère où la jeune fille trouve le soutien de moines experts en arts martiaux mêlés d’une bonne dose de pouvoirs surnaturels. La troisième partie raconte la confrontation finale entre les deux partis dans une ambiance non seulement d’aventure physique mais également d’aventure intérieure philosophique au contact de la spiritualité des moines.
(2,5 / 5)