

Berlin 1921, Soghomon Thelirian (Robinson Stévenin, sobre, crédible) dont la famille a été entièrement massacrée tue de sang-froid dans la rue le ministre Talaat Pacha, responsable du génocide arménien. Soghomon veut être jugé afin de révéler au monde le génocide arménien, hors, bien qu’il dise la vérité sur son geste, malgré les injonctions du procureur général, le jury populaire fait fi de l’histoire individuelle et l’acquitte pour la portée de son geste, c’est la première reconnaissance publique du génocide arménien. Mine de rien, on filme un plan rapide sur une affiche d’un certain Hitler…
Marseille 1971, soit soixante ans plus tard, un couple d’origine arménienne tient une épicerie orientale. Comme la plupart des immigrés de première génération, Hovannès (Simon Abkarian) et Anouch (Ariane Ascaride) ont surtout cherché à s’intégrer, à oublier ; de l’Arménie, il ne leur reste que quelques fêtes et spécialités culinaires et vestiges de la langue parlée surtout par les grand-parents (la mère d’Anouch). Mais leur fils Aram (Syrus Shahidi) est choqué par cette résignation de ses parents, il s’enfuit et rejoint l’Armée de libération de l’Arménie à Beyrouth. Auparavant, il commet son premier attentat politique : tirer à Paris sur la voiture de l’ambassadeur turc. Malheureusement, une victime collatérale en la personnage de Gilles Tessier (Grégoire LePrince-Ringuet, toujours aussi excellent) qui passait par là en vélo va paradoxalement changer le cours des choses. Paralysé, sa vie fichue, Gilles est en colère. Mais Anouch, la mère d’Aram, vient lui demander pardon à l’hôpital au nom de son fils et du peuple arménien. Le chemin sera long mais, finalement, Gilles, qui ignorait tout de l’existence de l’Arménie, se documente inlassablement jusqu’à devenir un spécialiste de la question, acceptant ensuite la proposition insensée d’Anouch de rencontrer son fils Aram à Beyrouth.

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