
Je lisais l’autre jour, stupéfaite, qu’il s’agirait d’un film sur la lutte des classes… Parce que deux personnes vont se rencontrer issues d’un milieu social aux antipodes… Oui, la différence sociale est ici en toile de fonds mais, soit dit en passant, ce n’est pas à l’avantage des riches bourgeois, comme nous l’apprendront les secrets de famille.
Baptiste est un jeune instituteur instable qui ne reste jamais plus de trois mois à un même poste. Une veille de week-end de Pentecôte, il lui tombe un gamin dans les bras, Mathias, dont le père, remarié, n’a pas le temps de s’occuper. Sa mère, non plus, on le verra plus tard, quand il l’emmène la voir sur une plage des environs de Montpellier où elle travaille comme serveuse dans un restaurant. Mais quand Baptiste rencontre Sandra, la mère de Mathias, il craque. Sandra empêtrée dans des histoires de dettes, Baptiste la présente à sa famille. Retournement de situation, il s’agit de grands bourgeois vivant dans une vaste bâtisse qui vont accueillir l’enfant prodigue à bras ouverts et regarder Sandra et son fils avec condescendance ; il
est vrai que la réalisatrice insiste peut-être un peu trop lourdement sur les différences,tentant de démontrer ainsi le grand-écart social entre les uns et les autres.Mais Baptiste est parti, suite à ce que cette famille l’ait démoli autrefois avec des bonnes intentions… Là, on est un peu dans un univers provincial Chabrolien… On est aussi un peu aussi dans un monde qui n’existe plus, le soleil, le confort, l’insouciance, en référence à ce monde dont Nicole Garcia dit qu’il est mort en 1962 quand elle a été obligée de quitter Oran avec sa famille.

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