
Elina, 17 ans, rappeuse en herbe, débarque de sa Finlande natale sur la Riviera. Une Côte d’Azur dont on ne verra quasiment rien excepté l’ambiance dans ces villas immenses aux portes grillagées, maisons dont on imagine les parents absents, leurs enfants, jeunesse dorée oisive, errant d’un rendez-vous avec un dealer à une soirée dopée aux paradis artificiels. L’envers de la carte postale.
Si Elina a été obligée de quitter la Finlande, c’est à cause de sa mère qui est venue retrouver son nouvel amant sur la Côte d’Azur. Larguée, sans repères, Elina compose tout en observant Sofia, sa nouvelle demi-sœur, Sofia, dont elle partage la chambre ; Sofia, préoccupée le jour par sa carrière de ballerine, s’étourdissant la nuit dans des soirées fauves où elle l’emmène parfois avec elle.
Si Elina pense avoir trouvé sa meilleure amie, la nonchalance perverse de Sofia la décontenance. Le film, annoncé comme un thriller (hum!), démonte les mécanismes d’une amitié unilatérale virant à l’obsession. Une obsession, nourrie par l’indifférence apparente de l’objet de désir, qui conduira à la volonté d’accaparer l’autre, quels qu’en soient les moyens, les conséquences.
Démonstration que l’amitié peut être vécue comme une forme radicalisée de l’amour. Amitié toxique mais pour qui? Pour celle qui veut posséder l’autre? Pour celle, passive, qui se laisse adorer? Les rapports de pouvoir dominé/dominant alternent.


(3,5 / 5)