
Un film méconnu avec Alain Delon, ça ne se refuse pas…
Tony Arzenta, tueur à gages à la solde de la Mafia sicilienne, souhaite prendre sa retraite afin de s’occuper de sa famille. L’organisation mafieuse étant divisée en branches, le boss local pour lequel il travaille directement lui répond qu’il en parlera en «haut lieu»… Mais l’Organisation n’accepte jamais les démissions…
Quand Tony rentre à Milan, où il habite, sa femme et son fils ont été froidement exécutés. Seule la vengeance étanchera (ou pas) les chagrin de Tony. Le thème de la vengeance consolatrice n’est vraiment abordé que vers la fin du film. Si, après l’assassinat des siens, Tony, ivre de douleur et de colère, n’a pas d’autre échappatoire que d’agir, selon les seuls codes qu’il connaît, de faire justice lui-même, il va, peu à peu, moralement, s’essouffler, las des cadavres en rafale, de la spirale incontrôlable de la violence.
Au bout de 20 mn, le film s’emballe pour adopter le rythme intensif d’un revenge movie, avec quelques pauses bienvenues, le retour chez les parents de Tony, le recueillement au cimetière, les moments chastes et compassionnels avec Sandra (Carla Gravina), l’ancienne maîtresse d’un truand qui l’a balancé pour l’aider, cette loi tacite du Milieu du retour à l’envoyeur du service rendu. Très vite, Tony n’a désormais plus confiance qu’en ceux, très peu nombreux, qui l’ont aidé, et, ces moments, si rares, sans obligation de méfiance, lui permettent un peu d’humanité. Mais peut-il encore s’y autoriser?
Le film comporte des scènes d’une grande violence mais, plus tard dans le récit : le crescendo de la violence, devenue ivre et sans objet précis autre que de tuer, réveillant la bestialité et la stupidité de certains sous-fifres trop zélés, est bien observé (scène difficile avec Domenico (Marc Porel), le fidèle, dans une décharge automobile).




(3,5 / 5)
