

Les Sonderkommando étaient des groupes déportés des camps de la mort chargés par les SS de les aider à mettre en pratique la solution finale (de faire le sale boulot au plus près, si l’on peut dire, les nazis en uniforme aboyant des ordres)… Au bout de quelques mois, ces hommes, obligés de tuer les leurs étaient tués à leur tour. Dans l’intervalle, ces hommes costauds au boulot ignoble et harassant, étaient traités correctement. Le film est une immersion dans le quotidien et les gestes quotidiens de Saul, membre d’un SonderKommado, lors d’une journée d’extermination à Auschwitz : faire déshabiller les victimes, les abuser qu’ils vont prendre une douche et ensuite un thé, les enfermer dans la chambre à gaz. Puis, nettoyer, incinérer, vider les poches des morts, brûler leur papiers et photos de famille (quelle tristesse, des millions de vie réduites en amas papiers jaunis, photos usées des proches aimés, bientôt en cendres, aussi…) et recommencer le lendemain. Parfois, trop de gens à tuer et on les abat en forêt… Il faut ensuite se débarrasser des cendres… Le film se focalise sur les problèmes d’intendance de cette usine d’extermination créée pour cela. Mais un jour au crématorium, Saul croit reconnaître son fils mort et veut le sauver de l’autopsie et la crémation, lui donner une sépulture digne, et pour cela, il lui faut trouver un rabbin pour dire le Kaddish et l’enterrer selon sa religion. Une mission dérisoire (bien que la crémation des cadavres organisée soit une manière de priver la population massacrée non seulement de leur vie mais de leur mort et de leur deuil AUSSI, on est là dans l’extermination absolue) qui va donner un sens à la vie de Saul, le courage de désobéir, donc d’exister le temps de sa mission.
(5 / 5)
SO