Mardi matin, avait lieu chez TCM Cinéma la projection en avant-première d’un documentaire inédit lançant l’intégrale Orson Welles au mois de mai, tous les jeudis de mai. « This is Orson Welles », doc produit par la chaîne, réalisé par Clara et Julia Kuperberg, est un portrait d’Orson Welles confidentiel cernant l’humain et non le cinéaste, ce qui déroute, au départ et même à l’arrivée mais en y réfléchissant, ce parti pris de démontrer l’ascension fulgurante d’un génie de 21 ans et sa chute quelques années plus tard dans un Hollywood n’ayant pour valeurs (déjà) que le succès en salles des films, ouvre les portes d’éléments biographiques et professionnels mal connus du chemin de croix d’Orson Welles, cinéate visionnaire, pour tourner des films (tels qu’il les veut) de son vivant. Principaux intervenants dans le doc : la fille d’Orson Welles, Peter Bogdanovich, Martin Scorsese qui dira « J’ai vraiment découvert le métier de réalisateur en regardant « Citizen Kane »… Pas mal d’extraits d’archives d’interviews d’époque d’Orson Welles, personnage surdoué, devenu obèse et désabusé, quoique toujours malicieux et n’ayant jamais douté de son talent, voire de son génie, dont on peut citer la phrase testament « Ils m’adoreront quand je serai mort ».
En 1936, Orson Welles fait parler de lui en lançant une fiction radio horrifique qui annonce que la terre est envahie par les Martiens, provoquant une psychose aux USA. Puis, il adapte « Macbeth » au théâtre à Broadway dans une optique Vaudou avec une troupe d’acteurs noirs, tout cela est très novateur et la RKO l’appelle à Hollywood. Orson Welles signe 3 films pour la RKO : « Citizen Kane » (1941), « La Splendeur des Amberson » (1942, une merveille dont on ne verra jamais la fin imaginée par Welles, coupée par les Studios en son absence, ce qui va plonger Welles dans la dépression », considérant sa carrière fichue). Il tournera aussi « Le Criminel » (1946), oeuvre plus commerciale mais la première à montrer des images des camps de la mort.
Enfin, après son mariage avec Rita Hayworth, la rousse flamboyante, à qui il coupe les cheveux et les teint en blond, il réalise « La Dame de Shanghaï » (1947), autre insuccès commercial. Il quitte alors les USA et n’y reviendra que pour signer « La Soif du mal » (1958) avec Janet Leigh, les producteurs, emballés en amont, sont effrayés ensuite par la noirceur du film. Dans l’intermède européen, OW a réalisé « Othello » (1952) et Falstaff » (1965), son film préféré.

