
Née Hedy Kiesler à Vienne en 1914, Hedy Lamarr démarre sa carrière en Autriche à l’âge de 19 ans ans avec un scandale en jouant dans le film « Extase » (1933) ou son visage en gros plan semble simuler l’orgasme et où elle court se baigner nue dans une rivière : elle raconte le tournage d’ «Extase» dans son livre, un tournage qu’elle aborde dans un état d’esprit naïf et crédule, beaucoup moins scandaleux que le résultat d’un film qui fut interdit aux USA par là censure jusqu’en 1940. Elle épouse ensuite Fritz Mandel, un des hommes les plus riches d’Allemagne avec qui elle mène un train de vie princier mais dont elle se rend vite compte qu’il la considère comme un trophée et qu’elle étouffe.
Elle se sauve, sans le sou ou presque, et recommence sa vie en tentant sa chance à Hollywood. Très vite, elle est promue au rang de star, ayant contracté un contrat de 7 ans avec la MGM sous la houlette du puissant Louis B Mayer qui la rebaptise aussitôt Hedy Lamarr. Si sa beauté exceptionnelle et sa classe naturelle lui valent d’être sacrée « la plus belle femme du monde », elle peine à trouver de grands rôles, souvent jugée trop froide, trop altière pour interpréter des rôles de composition dont on ne la croit pas capable et durant toute sa carrière, elle tentera de prouver le contraire, allant jusqu’à claquer la porte de la MGM pour produire ses propres films. Sans grand succès. Du temps de la MGM, un de ses films le plus réussis est «Casbah» (1938) avec Charles Boyer, remake de «Pépé le Moko » avec Jean Gabin. Elle donne aussi la réplique aux plus grands acteurs de l’époque, à Clark Gable, à Spencer Tracy, mais n’aura jamais le poids artistique d’une Joan Crawford ou d’une Bette Davis. Prêtée aux studios Paramount, son film le plus connu et le plus rentable demeure «Samson et Dalila » (1949) de Cecil B de Mille.


Parallèlement, si Hedy Lamarr aime le sexe auquel elle est dépendante jusqu’à la nymphomanie, ce qu’elle confesse sans tabou dans son autobiographie, elle demeure une femme libre, sans doute trop libre et libérée pour l’époque, ne cachant pas ses aventures féminines à l’occasion, à la réputation sulfureuse, refusant toute liaison ou compromis utile à sa carrière. Pour couronner le tout, Hedy ne joue pas le jeu des studios, elle a rompu son contrat avec la MGM, n’aime pas les mondanités, préfére la montagne et les grands paysages lui rappelant son Autriche natale, demeurant mentalement la petite fille unique qui voulait être aimée, ne rêvant que d’un mari et d’enfants ; si elle sera ensuite une excellente mère, elle aura 6 maris dont aucun ne fera l’affaire. Toujours amoureuse (de ses nombreux psys, par exemple, voire d’une figurante, d’une actrice connue, de stars masculines comme Charlie Chaplin, Clark Gable, Tyrone Power, etc…), elle épouse un peu n’importe qui sur un coup de cœur : un scénariste (Gene Markey), un acteur bourru de seconde zone (John Loder), le propriétaire fauché d’un hôtel d’Acapulco (Teddy Stauffer) où elle etait venue se reposer pour fuir Hollywood (un mariage qui dura neuf mois…), le milliardaire pingre Howard Lee quand elle cherchait un financement pour produire un film, enfin, pour clore la liste, un certain Lewis Boies qu’elle n’avait pas vraiment envie d’épouser (mais il a insisté!), elle a alors cinquante ans, son passé d’ultra-star derrière elle, période pendant laquelle elle a dépensé 30 millions de dollars (surtout pour les autres), à présent ruinée, son dernier mari n’a pas d’argent non plus et le nouveau couple vit d’amour et d’eau fraîche….
(3,5 / 5)
