
Madrid 2011 en pleine crise économique et sociale attend la visite du pape Benoit XVI. Dans ce contexte, deux flics mal assortis, ayant chacun des problèmes, le premier est bègue, le second caractériel, font équipe ensemble pour traquer un serial killer qui viole et assassine des dames âgées.

L’intrigue est relativement simple et sa résolution classiquement psychanalytique… C’est du côté de la psychologie des policiers que c’est intéressant. On observe la vie privée et professionnelle des deux flics, Alvaro et Velarde, chargés de l’enquête (en rivalité avec deux autres flics d’une autre équipe), sous la direction d’un commissaire de police cruel et sans compassion qui raille de bégaiement du premier et met à pied le second quand il dérape dans la vie, d’autant qu’il a déjà accumulé les antécédents de violence.
L’enquête sur ce serial killer atypique doit se faire dans la plus grande discrétion à cause à de la visite du pape d’autant qu’il s’avère que le tueur pourrait avoir des accointances avec des vieilles dames paroissiennes. Le film reussit l’intrication de la vie privée et vie professionnelle des deux flics, démontrant combien les deux sont indissociables, parti pris original, assez unique pour un thriller.
Alfaro et Velarde ont des vies bien différentes, le premier est célibataire, seul et rustre, le second a refait sa vie avec une autre femme qu’il aime bien que ses relations avec sa famille soient difficiles et qu’il soit esclave de ses colères, rentrant parfois chez lui en sang après une bagarre. Si le flic handicapé et timide apparaît presque inoffensif par rapport aux pétages de plomb chroniques de son accolyte, qui lui vaudront in fine son licenciement de la police, le plus dangereux, celui qui garde sa colère en lui, est celui dont on ne se méfie pas… La fin du film démontrera combien la violence (internalisée ou externalisée) d’un policier n’a souvent rien à envier à celle de l’assassin.
(3,5 / 5)