« Aime et fais ce que tu veux » : la logique des corps

Réalisateur / Date de sortie
Malgoska Szumowska, sortie 1er janvier 2013
Affiche
Pitch
En Pologne de nos jours, un jeune prêtre est affecté dans une paroisse rurale accueillant des jeunes adultes, anciens délinquants. Habité par une vraie foi, son attirance pour l'un des garçons transforme son séjour en chemin de croix...
Notes

C’est un film physique autant que charnel, un film où les corps se touchent dès la première image et c’est cette logique des corps qui va être la logique du film. Adam, un prêtre trentenaire, s’occupe d’adolescents et jeunes adultes en difficultés sortis de maison de correction ;  les premières images montrent des ados qui grimpent sur le corps d’Adam pour jouer dans une grande effervescence mais la scène se passe dans un cimétière plein d’herbes folles. Ensuite, une scène récurrente dans une lumière bleutée, Adam courant à perdre haleine, courir, faire baisser la pression, se calmer. Un jour qu’un des ados tombe dans les pommes, le seul qui propose de prêter son pullover pour lui maintenir la tête, c’estLukasz, un jeune homme très beau et bouclé avec des faux airs du Christ. De ce jour, Adam est amoureux et se fait violence pour nier son attirance pourLukasz. Quand débarque Adrian, surnommé Blondie, d’une beauté aryenne, aussi dur et pervers queLukasz est doux et fidèle en amitié bien que  ce dernier ne soit pas sans posséder un passé lourd, ayant mis le feu à une grange familiale dans son adolescence. Ostensiblement gay, Adrian va provoquer les autres avec violence, ses camarades, le père Adam, mettant le feu aux poudres.

C’est un film aussi sur la solitude extrême du prêtre, physique et morale, les petits rituels dans son logement, ces gens qui frappent à sa porte, tous pour lui demander un service, lui qui ne peut chercher d’aide auprès de personne sauf de Dieu (scène où il téléphone par Skype à sa soeur qui, soit est absente, soit se préoccupe plus qu’il ait bu que de ses problèmes existentiels). Un prêtre, un homme « comme les autres », situation aggravée de nos jours par la banalisation du costume (l »habit fait le moine », comme on dit, et ce n’est pas faux, dans une certaine mesure) : si autrefois, le prêtre affichait sa différence par le port permanent de la soutane noire, il ne revêt plus guère la soutane que pour les offices, le reste du temps habillé en jean et sweat-shirt comme ses élèves, pour ne pas dire dévêtu, torse nu, en maillot de bain, mais demeurant figé vis à vis de l’Eglise dans ses voeux de chasteté.

Note du film
4 out of 5 stars (4 / 5)
Avatar photo
Julivaldo