
Je suis consternée par cette nouvelle adaptation d' »Une Vie » de Maupassant que j’attendais pourtant avec impatience… Exit le crescendo des 50 premières pages qui disent tout en amont, la sortie du couvent, l’ivresse de la liberté après l’enfermement au couvent, la découverte de la sensualité ignorée et innommée, la confusion entre attirance physique et amour, les alliances avec l’aristocratie, point faible de la mère de Jeanne, emmurée dans des souvenirs de jeunesse, qui lui feront encourager un mariage avec un play-boy de l’époque, ruiné et séducteur patenté… Exit les fiançailles surprise, le « piège », organisées par le curé du village, qui a trouvé les mots pour convaincre les parents de Jeanne, et le repas de noces en petit comité… Tout est concentré sur les souffrances endurées par l’épouse trompée et sa ruine programmée… Une exception : La Corse évoquée, ce voyage de noces et de lumière, inséré dans la Normandie pluvieuse, qui correspond aux intentions de l’auteur… Une seule idée du réalisateur : le souvenir répétitif jusqu’à la saturation des jours heureux dont le spectateur ignore tout, privé d’informations. Yolande Moreau et JP Darroussin, qui seuls semblent avoir compris instinctivement la psychologie de leurs personnages, n’arrivent pas à sauver le film du naufrage…
(1,5 / 5)