

Il y a 30 ans, le capitaine Pete Maverick était un des meilleurs aviateurs de la Marine. Il aurait pu monter en grade, ce qui l’aurait confiné, couvert de médailles, dans un bureau à donner des ordres à des jeunes pilotes prêts à prendre la relève. Mais il a refusé, estimant être à sa place en tant que pilote d’essai repoussant les limites, toutes les limites… Ainsi, Maverick est devenu une légende pour la jeune génération, sa photo (extraite du premier opus) est affichée dans les vestiaires de l’école Top Gun, un instantané avec son ancien coéquipier, Nick Bradshaw, dit Goose, jeunes, beaux, fiers.
Soudain, Maverick est rappelé par la hiérarchie sur les lieux de ses exploits où il est confronté à la jeune génération, la relève, dont le fils de son ancien co-équipier. Objectif : Les entraîner pour une mission périlleuse. Il rechigne, puis, accepte.
Il y a quelques temps, je lisais que les films de Tom Cruise lui ressemblent et rien n’est plus vrai qu’à la lecture de celui-ci (dans la mesure où l’on peut capter une part d’une personnalité plus complexe qu’il ne l’affiche en public).
Au même titre que Pete Maverick, Tom Cruise, banni du cinéma par les Studios il y a quelques années, comme suite à un exercice promo (La Guerre des mondes, 2005, de Spielberg) qui avait mal tourné (l’extrait de son comportement agité sur le canapé du show d’une star de la TV US avait choqué), est devenu une légende. Pendant son purgatoire, là où d’autres acteurs auraient plongé, Tom Cruise (qui avait sans doute plus trimé pour passer d’une adolescence provinciale, ingrate et sans le sou, au Teen sex-symbol de Risky business, demandé par le tout Hollywood), a su puiser dans l’adversité les conditions de son retour : créer ses propres studios et produire ses films, s’astreindre à un entraînement physique drastique pour effectuer les cascades de ses films (la saga des MI, série des sixties dont il a racheté la franchise).
Et comme, Tom Cruise, quand il s’appelait encore Tom Mapother dans sa première vie, voulait être un pilote, aujourd’hui, il l’est devenu, accumulant les licences de pilote d’avions, de motos, de bateaux, revenu à l’essentiel : le dépassement de soi. De là à penser que, même si il avait hésité à tourner le premier Top Gun, aujourd’hui, il y a beaucoup de lui-même dans le capitaine Maverick.
* TC voulait aussi être un acteur, déjà à l’école, il faisait du théâtre, doué… Mais, au fond, comme il l’a dit parfois dans des interviews, il voulait simplement «s’en sortir», la suite, devenir cette superstar omnipotente, il ne pouvait même pas l’imaginer. D’autres l’ont imaginé pour lui et il y est allé. Au micro d’un journaliste français, lors du tournage d’un nième MI, il avait confié qu’il n’imaginait pas que la célébrité à ce point, cela pourrait exister…



(Miles Teller)

(4,5 / 5)