
La première scène montre un meurtre sur des berges isolées, ensuite le meurtrier met le feu qu’il contemple. Il est vrai que dans cette nuit obscure et comment c filmé, on voit peu les visages des deux hommes.
Puis, un certain Misumi est arrêté pour homicide et vol de son ancien patron, qui venait de le licencier, car il aurait volé le porte-feuille de la victime mais l’a-t-il tué pour le voler ou l’a-t-il volé après sa mort? (Auquel cas, les chefs d’accusation sont plus légers). Car Misumi, qui a déjà passé 30 ans de sa vie en prison pour un premier meurtre, plaide coupable. On dépêche le grand avocat Shigemori pour le défendre bien qu’il se fasse peu d’illusions sur l’issue du procès. En enquêtant, Shigemori apprend que Misumi a une fille de 34 ans qu’il connaît à peine et pour cause. En revanche, Sukie, la fille du patron assassiné, est très proche de lui depuis un certain temps, agissant un peu comme une fille de substitution. Sukie est handicapée : tombée du toit de l’usine paternelle, elle boîte. On apprend plus tard qu’elle a été abusée longtemps par son père avec le silence complice de sa mère. Misumi a-il voulu la venger? (Scène fantasme ou réelle des deux personnages couverts de sang, quel don de la mise en scène..)

Quans cette hypothèse est évoquée, Misumi change subitement de version, il n’a pas assassiné son patron, on lui a soutiré des aveux. Avec les aveux pour seul preuve, Shigemori peut le sauver mais la machine judiciaire l’en empêchera, son patron, en premier lieu qui ne veut pas froisser ses collègues, la juge sur laquelle on fait pression afin qu’elle n’ouvre pas un nouveau procès coûteux à la collectivité… Le procès des institutions judiciaires plus soucieux de garder entre eux, toutes catégories confondues, «de bonnes relations» que de la vérité, quelle qu’elle soit, est violent.

Ceci étant posé, Shimegori doute, en allant voir Misumi au parloir de la prison, il essaye de connaître la vérité mais les deux hommes se sont imperceptiblement rapprochés, loin d’être fastidieuses, les scènes au parloir sont captivantes et la dernière scène au parloir avec les deux visages des deux hommes superposés est magnifique. Mais la vérité et l’éthique n’est sans doute pas la même pour les deux hommes… Misumi est un homme intelligent, simple et sans illusions qui a tout connu des injustices de la vie (à laquelle il ne tient pas), quand l’avocat, désemparé, cherche chez Misumi du rationnel et des raisons homologuées de tuer (le vol, la vengeance), l’autre semble avoir une autre échelle de valeurs, une autre idée de la vie, de la mort… Pourquoi a-t-il écrit une carte postale au juge à la retraite, père de l’avocat? Réponse : «je l’envie de pouvoir disposer de la vie des gens». Pourquoi avoir changé de version au cours du procès justement avant l’audition à la barre des témoins de Sukie?
POST DU 9 AOÛT 2018

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