J’ai visionné les deux documentaires qu’Arte va diffuser lors d’une soirée spécial Bowie le samedi 14 mars en marge de l’expo « David Bowie is » installée à Paris depuis quelques jours.
« Dr Bowie et Mr Jones »
David Bowie (David Robert Jones) vient d’une banlieue populaire de Londres, la working class, comme il le dit, sa mère est ouvreuse de cinéma, son père travaille dans un foyer d’enfants.
Il débarque dans le centre de Londres et participe à diverses formations. Inspiré du Velvet underground et du théâtre japonais Kabuki (il porte souvent des kimonos, a pour couturier souvent Yamamoto), il démarre en 1969 avec l’album « Space oddity », explose en 1972 avec « Ziggy Stardust », en 1973 avec « Aladdin sane ». Le personnage de Ziggy derrière lequel il se cache finira par le dévorer tant il suscite un succès immense, voire une dévotion. Bowie dit qu’il autant musicien que peintre mais qu’il est surtout bon dans la conceptualisation, il se définit comme un conceptualiste. Ses costumes, son maquillage que tous vont recopier, ses cheveux orange, rien n’est dû au hasard. Pas plus que les musiques, il s’entoure des meilleurs et leur fait des demandes précises, on le voit quand, voulant quitter le personnage de Ziggy (« Ziggy was a monster »), il va aux USA.
Periode USA : à NYC, tournant le dos au Glam rock qui l’a rendu célébrissime, à la recherche de funk, de soul, il engage des musiciens à Harlem à « L’Apollo » mais même aux meilleurs, il donne des indications, ils s’en souviennent encore, comment il « pervertit » les accords, casse le tempo des musiques (tendance rock décadent). Question look, en 1974, aux USA, il a abandonné le make-up, les cheveux orange et les tenues excentriques pour une mise plus simple en costume (pas classique pour autant, un pantalon immense) et Borsalino, cheveux peroxydés, platinés. Mais ces années US deviennent un cauchemar quand il émigre à LA, la cocaïne, la défonce, les zombies des années 70 dans les rues de LA , le plongent dans la dépression. En 1977, il sort « Diamond dogs », un album sombre, il pousse l’androgynie jusqu’à s’habiller en femme, on a tous en tête cette émission de TV où, habillé en femme, Bowie passe sa main sur sa nuque et ôte sa perruque, wow!
Il s’en sortira en allant à Berlin, troisième période. Il a quitté les USA, a divorcé d’Angie (elle a inspiré « Angie » des Stones), et pour la première fois depuis longtemps, peut sortir dans Berlin en anonyme sans se déguiser. A Berlin, Bowie collabore avec Brian Eno, produit des albums pour des artistes sur la touche car trop défoncés, ses idoles, Iggy Pop, Lou Reed (du Velvet). En 1977, il sort « Heroes », auto-critique de la célébrité.
Mais le vrai virage se passe en 1983 quand il sort le tube commercial « Let’s dance » : il passe alors du statut de l’artiste d’avant-garde à la star commerciale qui se produit dans des stades gigantesques et amasse les millions (auparavant, il avait été exploité par les producteurs). Parallèlement, en 1980, Oshima le fait débuter au cinéma dans « Furyo », il enchaîne avec « L’Homme qui venait d’ailleurs » de Nicolas Roeg (« Performance »), « Les Prédateurs » de Tony Scott avec Catherine Deneuve. Le documentaire se veut exhaustif jusqu’à nos jours mais les dernières années sont moins intéressantes, il a épousé Iman, eu un second enfant avec elle, ramasse la légion d’honneur, monte son site internet, etc…
« Il n’y a pas de futur, c’est nous qui le créons »
« Nous sommes les créatures de nos créations »

(4,5 / 5)