
Ce film est une adaptation libre du roman « Manon Lescaut » de l’Abbé Prévost transposé à l’époque de la Libération vue sous un angle très sombre : amoralité, marché noir, enrichissement mafieux, trafics en tous genres.
Clouzot a choisi de présenter son film en flash-backs : Manon et Desgrieux, passagers clandestins d’un bateau français qui emmène clandestinement, moyennant finances, un groupe de la dispora juive vers Palestine avec déjà les conflits qui démarrent (au moment de la promulgation de l’état d’Israël, 1948, autre aspect du film un peu survolé), se confient au capitaine.
Retour sur la rencontre de Manon (Cécile Aubry) et Robert Desgrieux (Michel Auclair), Accusée d’avoir collaboré avec les allemands, on s’apprête à la tondre, il la sauve et se met hors la loi.
A Paris, Manon retrouve son frère, Léon (Serge Reggiani) qui s’est enrichi dans la contrebande et propose de les aider à sa manière. Manon et son frère sont semblables, en quête d’argent facile. Longtemps, Desgrieux, qui cherche un boulot honorable, refuse les propositions de Léon et va se laisser duper par Manon qui n’hésite pas à se prostituer dans une maison close de luxe, bien que les fourrures et les bijoux de cette dernière finissent par lui mettre la puce à l’oreille.
Mais la passion de Desgrieux pour Manon est mortifère, il la préférera morte que vivante et vénale, en faisant une statue qui lui appartient (interminable et emphatique dernière scène).
(4 / 5)
