
Anna, qu’on devine dévastée par un deuil, passe ses journées couchée, enfermée chez elle. La Sicile aussi austère que magnifique et conventionnelle. Dans la maison aux volets clos, carrelages ressemblant à des fresques, meubles sombres et pénombre, la grande maison est plongée dans la léthargie interrompue par un défilé muet de visites de deuil et, puis, rien sauf… Jeanne, la petite amie de Giuseppe, le fils d’Anna. Jeanne, anxieuse que Giuseppe lui en veuille encore pour des souvenirs lourds de l’été dernier mais qui pourtant l’a invitée à venir chez lui en Sicile. Pour lui dire qu’il lui a pardonné, a pensé Jeanne. Incapable de la recevoir à son arrivée, Anna ne rencontre Jeanne que le lendemain, ne parlant que de banalités. Ensuite, elle informera Jeanne que son frère vient de mourir subitement.
La situation évolue alors par l’entremise du non dit des deux partis, Jeanne réécoutant les messages de Giuseppe sur son téléphone portable, Anna feignant de ne pas savoir quand son fils reviendra. Jeanne, dubitative mais n’osant poser de questions, Anna tentée parler, parfois. Mais, peu à peu, les deux femmes en viennent à partager l’attente de Giuseppe, la première entraînant la seconde, devenue consentante, dans un monde irrationnel de possible qu’il revienne tant que rien ne sera verbalisé.
Au delà du travail de deuil, les deux femmes partagent le souvenir du même homme qui dans le souvenir est vivant. On peut dire qu’elles s’épaulent d’une certaine façon dans ce déni partagé.

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