
On est très étonné en lisant les mémoires de William Friedkin de ne lui connaître une quelconque vie privée qu’au dernier cinquième du livre… Quand il a rencontré son épouse actuelle, Sherry, et d’elle, il parlera librement dans son quotidien des 20 dernières années. Je suis allée lire ce qu’on disait sur certains sites anglais de cette biographie uniquement cinéma et Friedkin a répondu dans une interview qu’il avait bien écrit plus de 100 pages sur sa vie privée avant Sherry, trois mariages et trois divorces (c’est tout ce qu’il en dit, son mariage avec Jeanne Moreau passe ainsi à la trappe…), qu’il avait même donné à lire ces pages à son épouse qui lui avait répondu que ça apporterait quoi au livre ces 100 pages de vie privée? (traduction = avant elle), donc poubelle…
Néanmoins, le livre, lacunaire sur sa vie privée (il prévient que s’il avait « tout » dit, son livre serait classé X) est assez captivant s’agissant de la trajectoire d’un petit gamin pauvre de Chicago qui va devenir, par hasard, un des plus grands cinéastes contemporains. On connaît Friedkin surtout comme le réalisateur de « L’Exorciste » mais c’est tellement réducteur, pour moi, ce serait plutôt celui de « French connection », « Cruising », « To Live and die in LA » et tout récemment de sa renaissance avec « Bug » et « Killer Joe » : qui aurait osé un film si violent et amoral, même si parodique, avec le nez d’engager, avant tout le monde, le désormais Oscarisé Matthew McConaughey?

(3,5 / 5)