

Dans l’Amérique puritaine du début des années 50, Carol Aird, grande bourgeoise chic enveloppée dans un vison beige, cherche un cadeau pour sa fille dans un grand magasin. Au rayon jouets, Therese Belivet, un bonnet de père Noël sur la tête comme tous les employés, lui conseille un train électrique. Carol oublié ses gants, Therese les lui renvoie par la poste, prétexte à l’inviter à déjeuner. Les deux personnages de femmes sont un peu stylisées, c’est le seul reproche qu’on peu faire au film : Carol, la femme mature, en instance de divorce, très sophistiquée (Cate Blanchett en fait un peu trop avec un excès de préciosité dans sa gestuelle), Therese, la fausse ingénue (Roony Mara, excellente, prouve qu’elle peut tout jouer), regard trop sage, un fiancé qui l’ennuie, des photos qu’elle n’ose pas exposer. La situation est la fois banale et osée pour l’époque (l’homosexualité féminine affichée) . Carol renonce à Therese pour ne pas perdre la garde de sa fille, puis, se ravise. Therese a été blessée, elle hésite à renouer avec Carol. Car la plus forte, mentalement, des deux n’est celle qu’on pourrait penser.
(4 / 5)