
On a « vendu » cette série comme la vie de Charles Manson et la constitution d’une équipe de « fidèles » genre secte, on est ici en 1967, avant l’assassinat tristement célèbre de Sharon Tate et ses amis dans une villa en 1969, une boucherie qui signera la fin de l’insouciance du « Summer of love », désormais on fermera les maisons à clé…
En réalité, on plaque en arrière-plan la folie de Charles Manson, ancien repris de justice avec un point faible : compositeur et musicien médiocre, dans son délire, il veut être plus célèbre que les Beatles et s’obstine à enregistrer un disque où il ne parle que d’amour et de paix… Parallèlement, Charlie Manson organise une secte avec des jeunes filles paumées sous le couvert d’une communauté d’amour libre où tout le monde couche ensemble pour l’amour de Charlie… Mais il ne faut pas sous-estimer ce background, cette histoire presque secondaire, pour autant, la guerre du Vietnam, la haine, la violence, sont en train de s’installer (et Manson en est le symbole criant) pendant que les gens continuent leur parties défonce déguisés en hippies ou vrais hippies dont on montre bien leur déglingue, leur crasse et l’usage des drogues qui démystifient le phénomène au delà des tenues vestimentaires qui font toujours rêver la mode 50 ans plus tard.
On va donc alterner les exactions de CM avec la vie professionnelle et amoureuse d’un super-flic de LA, Sam Hodiak (David Duchovny) dont Grace, l’ancienne fiancée, a épousé un avocat compliqué et secret, Kean Karn, ex-défenseur de Manson au passage dont il ne veut plus entendre parler.

Au début de l’épisode 1, Emma, la fille de Grace et Kean Karne, emmenée à une party par son boy-friend, surprend ce dernier à la tromper sous son nez ; l’ayant remarqué, se pointe alors Charlie Manson et son discours de violence larvée préfigurant 1969 : tout en montrant LA illuminée de la nuit, il prophétie « The snake eats the word and we’ll eat the snake » ; il propose à Emma de la sauver et l’emmène dans sa communauté où « ils survivront ensemble ». Dégoûtée par cette party, Emma se prend au jeu et suit son futur gourou, bientôt totalement sous l’emprise de Manson.
Donc, les enquêtes « ordinaires » de Sam Hodiak dans le cadre de son commissariat, sa vie amoureuse, son fils déserteur du Vietnam (seul indice intéressant pour l’ambiance 1967), son ancienne épouse hystérique, son amour inchangé pour Grace, prennent beaucoup de place. Les scénaristes on sans doute pensé que la star DD intéresserait le plus grand nombre. Il faut donc décoder pour comprendre que ce qui se trame dans la tribu Manson en construction annonce la fin d’un monde, celui du « Summer of love »; tout le reste n’est que le train-train quotidien d’un super-flic, très violent en costume très chic, plein de problèmes de famille, n’apportant rien de nouveau à l’univers des séries.
(3,5 / 5)