
Mike Mentzer à passé son enfance dans cette étrange ville d’Ephrata où le livre vous plonge en immersion dès les premières pages. Le hasard lui fait acheter, adolescent, un magazine de culturisme et il demandera pour Noël à ses parents qu’on lui offre son premier kit de musculation. La machine est lancée… Il n’aura de cesse de se perfectionner mais pas n’importe comment : selon des principes scientifiques démontrés et il va bientôt remettre tout en question des entraînements longs et intensifs de ses collègues culturistes. Car Mentzer est un intellectuel plongé, dans les livres et les essais, qui fut d’ailleurs intéressé dans sa jeunesse par des études de médecine (psychiatrie) qu’il ne terminera pas. Cet excès d’intelligence et cette soif inextinguible de culture vont paradoxalement à terme causer sa perte…
Initié par un drôle de théoricien à un entraînement consistant à s’entrainer très peu, environ une heure trois fois par semaine, mais intensément jusqu’à l’insupportable et en exposant dangereusement son cerveau, il se distingue des autres culturistes et notamment de son grand ennemi Arnold Swarzenegger (*)… qui, comme la plupart des bodybuilders, s’entraine plusieurs heures par jour presque tous les jours de la semaine. Mentzer finit par éditer sa méthode qu’il appelle «Heavy duty » et publie un magazine du même nom où il donne aussi des conseils de nutrition. Mais sa position n’en finit pas de se radicaliser et son refus de toute compromission lassera les meilleures volontés.
Si entre 1975 et 1985, Mike Mentzer a représenté l’homme idéal dans le monde entier, il n’a jamais profité de la vie (ou très peu), obsédé par sa quête délirante d’absolu masculin.
* Le portrait de Schwarzenegger n’est pas tout à fait ce qu’on sait aujourd’hui du gouverneur de Californie! Ancien prostitué masculin, spécialisé dans les orgies, on décrit un personnage dont la stupidité, l’inculture et l’amoralité le disputent à une ambition dévorante, prêt à tout piétiner sur son passage… La légende dit qu’il avait juré la perte de Mentzer mais rien n’est certain, si il ne supportait pas d’être dégagé de son piédestal, truquant les concours, etc…, il avait mieux à faire à conquérir le monde du cinéma ou à séduire la nièce des Kennedy, ultime marche pour la métamorphose sociale du petit Autrichien débarqué jadis aux USA s’en baragouinant quelques mots d’anglais…
Car apparait au fil du livre (tardivement à vrai dire l’auteur intégrant peu à peu des indices…) que Mentzer possédait en lui une part sombre autodestructrice, aggravée ou révélée par sa quête insensée de perfection, qui émergera avec le temps.
(5 / 5)